ELEKTRA
L’HISTOIRE
De ce cargo battant pavillon grec d’à peine une soixantaine de mètres pour une dizaine environ de large, nous ne possédons pratiquement aucune information. Vraisemblablement construit entre les deux guerres, il était à propulsion vapeur. Pour une capacité de 2000 tonnes de port en lourd environ, il devait filer à peine 10 nœuds. Après avoir navigué sous pavillon finlandais sous le nom de Senni, il est vendu début 1963 à la société grecque Hambury Line du Pirée. Le 28 février 1963, venant de Rouen où il a chargé de la ferraille et à destination de l’Italie, l’Elektra se trouve le long des côtes du Finistère nord. Dans la nuit du 1er mars, vers 01h30 il heurte un récif au large de la côte entre Portsall et Ploudalmézeau. Victime d’une importante voie d’eau à la proue et devant l’impossibilité de pomper (pompes noyées), il s’immobilise et l’évacuation est ordonnée. Des dix neuf hommes composant l’équipage, trois restent à bord : le Capitaine, le Chef Mécanicien et un mécanicien. Peu de temps après, l’avant s’enfonce et rapidement le cargo coule. Les deux canots ont réussi à gagner la roche vers le Phare de Corn Carhai où les seize hommes trouvent refuge. Il est environ 3h.
Le corps du mécanicien sera retrouvé dans la journée, mort de froid, toujours accroché à une échelle. Ceux des deux officiers resteront introuvables et ils seront portés disparus.
Ce naufrage comporte quelques zones d’ombre ; Pourquoi tout l’équipage n’a-t-il pas évacué le navire ? Des rumeurs ont couru à l’époque sur des irrégularités … mais rien n’a semble t-il été établi.
Enfin, la cause semble être une erreur de navigation. Le Capitaine aurait confondu le feu de Corn Carhai, avec celui d’Ouessant qu’il aurait dû laisser à tribord en entrant dans le chenal du Four.
Le quotidien Le Télégramme du 1er mars a relaté les faits et publié une photo où l’on voit les 14 membres d'équipage des 16 rescapés après leur arrivée à Portsall.
LA PLONGEE
L’Elektra repose sur un fond de sable et de roches par 18m environ. Sur bâbord le fond est assez dégagé et sablonneux alors qu’à tribord, les blocs rocheux dominent avec des étendues denses de laminaires. Il est fractionné en trois parties, la mieux conservée étant la poupe sur laquelle a longtemps trôné la barre (symbole du centre de plongée de l’Abert Benoit) ; On peut également y explorer une pièce sous le pont. Ensuite, des treuils et la partie centrale dont les flans se sont affaissés sous la poussée du chargement de ferraille. Les deux belles chaudières reposent un peu en avant. Ensuite, en cherchant un peu on découvre la proue dressée qui paraît de prime être un piton rocheux tapissé de laminaires.
Dans l’ensemble, c’est une plongée sympa ; La mer a repris ses droits et l’épave se fond de plus en plus dans le milieu. La visibilité suivant la saison peut être excellente ou …très moyenne.
La faire plusieurs fois permet de découvrir des détails qu’un survol rapide laisse ignorés.
Coté Bio on côtoie la faune habituelle de Bretagne avec lieus, coquettes mais également en cherchant congres et crustacés typiques : araignées ou homards entre autres.
Ici l’utilisation du Nitrox peut convenir, car on est largement dans les limites de l’EAN36.
Le centre de plongée situé à St Pabu :
http://www.aberbenoitplongee.com/index.htm
Extraits de http://www.csa-plongee.com
"C'est un bateau grec qui a sombré le 1er mars 1963. Il se situe dans la zone de l’Amoco (Vers Corn Carhai), le site est souvent soumis à un joli clapot. L’histoire de ce cargo est un peu trouble, en effet l’équipage fut récupéré sain et sauf mais il manquait le capitaine et deux membres de l’équipage. Alors geste héroïque de ce dernier ou mutinerie, ou alors grosse esccroquerie à l’assurance ???
2000 tonnes de port en lourd, acheté un mois plus tôt par la compagnie grecque HAMBURY LINE PIRAEUS à la Finlande où il naviguait sous le nom de SENNI, l’ELEKTRA effectuait là son premier voyage sous pavillon grec. Il arrivait de Rouen avec un chargement de ferraille et se dirigeait sur l’Italie avec 19 hommes à bord.
Le choc eut lieu dans la nuit, vers 1 heure 30. Le navire s’immobilisa et une forte voie d’eau se déclara sur l’avant. Les pompes ne marchant plus, les deux embarcations furent mises à la mer. 16 hommes y sont montés. Restaient donc sur l’ELEKTRA, le commandant, le chef mécanicien et un graisseur. Brusquement, l’arrière s’est soulevé hors de l’eau, faisant apparaître l’hélice. Le cargo a coulé en quelques minutes. A la rame , les embarcations se sont dirigées vers le phare de Corn Carhai où l’équipage s’est mis en sécurité sur la roche, il était 3 heures.
Le corps du graisseur a été retrouvé plus tard, accroché à une échelle, mort de froid. Le commandant et le chef mécanicien sont portés disparus.
A l’analyse du message de détresse, il semble probable que le commandant ait confondu le feu d’Ouessant qu’il devait laisser à tribord en entrant dans le chenal du four avec celui de Corn Carhai.
Le Télégramme du premier mars 1963 présente une photographie qui montre la cheminée et les mâts, hors d’eau, à marée basse
Une partie arrière posée sur du sable, cette partie est la plus intéressante avec notamment la fameuse barre à roue et la possibilité de rentrer sous le pont arrière dans les cales.
La partie centrale est un amas de ferrailles concressionnés avec 2 belles chaudières, cette partie est entourée de roches et de laminaires. Enfin, la proue bien droite est très belle.
Possibilité de faire deux fois le tour sur un fond de 20m, comme l’Amoco pas ou très peu de vie sur cette épave. Le mystère est grand, pas un tacaud, pas un lieu ..... "